Les sorties albums

DOLLY - Tous des stars


"Tu étais parti pour une heure, je connais le refrain par coeur" : nous aussi bien sûr, mais c'est pourtant avec une certaine appréhension que je me suis attaché à l'écoute du nouveau Dolly, groupe qui avait littéralement écrasé la scène rock française en 1996 avec un certain "Je ne veux pas rester sage, j'aime souffler l'envie, abuser de mon âge".

En effet après le vaporeux "Plein Air" sorti en 2002, pour être franc je m'attendais à un nouvel album bien-mais-sans-plus, avec un ou deux singles condamnés à réaliser dix passages sur les ondes entre deux titres de Kyo.

Heureuse surprise, celui-ci s'avère être un bon album.

"Tatutia" ouvre l'album sur des notes de piano graves, avant de laisser s'évacuer la voix délicieuse de Manu sur un loop électronique qui n'est pas sans rappeler le "Sit down, stand up" de Radiohead (écoutez, on jurerait le même sample), entrecoupé d'une mélodie à la guitare encore une fois proche dudit groupe. Pause. Moue dubitative. Regard interloqué. Dolly convergeraient-ils pour de bon vers le rock électro-complexé-intellectuel du groupe d'Oxford ? L'introduction électronique du morceau suivant, "Au paradis" le laisse penser, mais heureusement Manu ne chante - gémit ? - pas comme Thom Yorke, et encore une fois sa voix transporte l'auditeur entre les lourdes guitares du groupe, très bon.

Morceau suivant, "Tous des stars", titre de l'album et - surprise - premier single. Texte faible mais bon rythme, ralentissement avant la fin, symbales qui crachent à la Korn pendant 3 minutes, cette fois-ci pas de doute ça bouge, nous avons bien retrouvé le Dolly qu'on connait, ouf. Ensuite arrive "Machines", qui commence en balade piégeuse : "Ne pense à rien, ne pense rien, oublie tout", l'auditeur se fait avoir et adopte l'attitude relax tranquile cousin bien ça va tout ça ouais etc... mais se fait violer au bout de cinquante secondes par une bande de guitares électriques sous stéroïdes, qui font mal aux oreilles mais qu'est ce que c'est bon ! Cinquième morceau, "Il était une fois" est une chanson soft classique aux textes Shakespeariens : "c'était avant que l'on se noie, c'était il était une fois, c'était avant que tu sois là, c'était il était une fois" - poil au bras - qui a au moins le mérite de détendre après la claque précédente. Peu de choses à dire sur "Manga Tears", un titre où l'on a du mal à cerner les paroles noyées dans un buzz électronique confus duquel on ne perçoit audiblement qu'un bruit de soucoupe volante dans le fond, sorti de "La soupe aux choux".

Septième titre, "Seven" - le hasard fait bien les choses - est une piste instrumentale, un beat électronique assorti de guitares, l'ensemble à nouveau tout droit pompé à Radiohead - mélangez ce morceau avec "Hail to the thief", vous ne ferez pas la différence. Dérangeant. L'angoissant "Tu me dis que tout va bien, je suis sûre que tu mens" est un dialogue de scène classique des "Feux de l'amour", et représente hélas aussi 90% des paroles de "Tout va bien", que dire de plus si ce n'est "le pire est-il à venir" ?

Par chance non, car les flottements des deux morceaux précédents sont sévèrement condamnés, et la guitare de Nicolas éxécute la sentence dans vos oreilles : "Faut y croire" assène dès les premières secondes le style : guitares sévères, basse assomante, c'est bruyant et agréable. "Assez de nous" porte bien son nom, en effet c'est l'expression qu'on se plairait à entendre de la part des Yorkesques bip-bop d'Atari 2600 qui ouvrent le titre, heureuseusement couverts par le reste des instruments au bout de 30 longues secondes mais à nouveau persistants vers la moitié du morceau. L'autre problème est que la fin du morceau résonne comme un remix de la piste 3, "Tous des stars". Bizarre.

Onzième et dernier morceau (on efface les 40 secondes instrumentales de dernière piste semi-cachée réalisées par un clone Jean-Michel Jarre sous prozac), "Les bulles" est le titre le plus doux de l'album, c'est très délicat et mélodique (violons), les premières notes éclatant justement comme des bulles multicolores soufflées par un gosse dans son jouet. "C'est le mieux que l'on puisse faire" annonce Manu en intro, "n'avez vous rien à offrir" propose-t'elle à la fin, voilà matière à une conclusion idéale - qui suit :

Le mieux que Dolly puisse faire, seul l'avenir nous le dira, cependant après plusieurs écoutes de l'album, je dois concéder que je n'imaginais pas écrire une si bonne critique de ce nouvel opus, le mieux que le groupe puisse faire à mon goût non - n'ayant que moyennement apprécié les errements électro bip-bip-flushhhh-kschhh - mais sincèrement, ils ne doivent pas en être loin, et j'attends le prochain album avec impatience. A offrir, c'est facile : offrez déjà une écoute, offrez ensuite l'album à quelqu'un en lui expliquant qu'il s'agit d'un des meilleurs groupes de rock français des dernières années. Sans mentir. Promis.

Par Remix
www.musikforum.fr

» Ecouter-Acheter ce CD
» Dolly sur le web
» Autres chroniques sur Dolly

Auteur : Akapela.com
Date : 2004/10/02 13:44

Actualité précédente - Les sorties albums - Actualité suivante

Djkurt.com © 2001-2007 - Tous droits réservés